Communiqué de presse SFR: 2,5 milliards d’euros !

C’est le montant des dividendes qui seront versés d’ici la fin de l’année aux actionnaires de Numéricable-SFR

 

Soit 2 Milliards pour ALTICE (maison mère du groupe), 500 millions d’euros pour la bourse… et rien pour les salariés.

Pour le principal actionnaire (ALTICE), ce versement de dividendes permet de se désendetter un peu et de rassurer les banques, qui depuis quelques semaines font grise mine lorsque le patron du groupe sollicite de nouveaux emprunts pour racheter des entreprises aux quatre coins du monde.

Le groupe Numéricable-SFR a-t-il 2,5 Mds € de trésorerie d’avance ?
Évidemment non. Une large partie de ces dividendes sera donc payée… par un nouvel emprunt…
Oui Oui. On s’endette en dessous pour rembourser la dette au-dessus… Mais qui va payer la dette de Numéricable-SFR ?

Quand une direction nous vante les mérites des synergies pour rembourser une dette, on le sait, derrière se cache la casse sociale, avec des wagons d’emplois supprimés, des salaires en berne, des conditions de travail qui se détériorent.

C’est donc ça l’avenir des salariés et des prestataires du groupe ALTICE ?
Travailler encore et toujours pour rembourser une dette qui va ré-augmenter aussitôt que le fruit de notre labeur aura commencé à la faire diminuer ?

A la CGT, on dit: ça suffit!

Hier, on payait 600 millions d’euros d’intérêts par an. Demain ce sera 700 millions.
Mais avec le jeu des déficits reportables, on nous explique que le groupe paiera moins d’impôts et que ce sera donc neutre sur les résultats de l’entreprise…
Et comme toutes les entreprises font pareil, cette « optimisation fiscale » entraîne, soit des hausses d’impôts, soit une dégradation des services publics et des prestations sociales…

Si on résume, ils nous endettent et évitent de payer des impôts pendant que nous, les salariés, on se tue au travail pour payer la note…
Le fric rien que le fric, et de préférence toujours dans les mêmes poches ! Voilà le modèle social qu’on voudrait nous vendre. Et peu importe la violence subie par les salariés au quotidien. Tant que le cours de l’ action se porte bien pour ces requins de la finance, tout va bien.

Et les patrons le savent bien, si les salariés se montrent un peu trop véhéments, l’appareil répressif de l’état (police/justice) est là pour sanctionner la colère. On le voit bien avec l’exemple d’Air France ou de l’inspectrice du travail à côté d’Annecy menacée par Tefal et par son propre supérieur pour avoir demandé que l’entreprise respecte la loi .

Pour la CGT, tout cet argent doit revenir à ceux qui le produisent : les salariés.
Cela passe des augmentations de salariés, par une réduction du temps de travail, par des embauches et par l’amélioration de nos conditions de travail.

Ce que l’entreprise donne aux banques chaque année en taux d’intérêts permettrait de recruter 30% de salariés en plus (soit environ 3000 personnes), de baisser le temps de travail de 30% (soit une baisse d’environ 11h40) et d’augmenter les salaires de 30%. Une version plus sociale du 1/3, 1/3, 1/3…

Du coup, quand la CGT revendique la semaine de 32h, la ré-internalisation des activités sous-traitées (et des salariés qui vont avec) et des augmentations de salaire conséquentes, ça reste très raisonnable.

Mais c’est parce qu’on se dit que permettre d’investir dans un réseau très haut débit qui couvre 100% de la population (pour de vrai, pas selon les normes de l’ARCEP) c’est important pour tous ! Sinon la fracture numérique ne sera jamais résorbée.

Posons la question comme elle doit l’être :
Acceptons nous que des patrons voyous massacrent nos vies pour alimenter la finance, ou allons nous nous battre pour nos vies, nos emplois, notre avenir et ceux de nos enfants ?